Chronique d’une insomnie

Ajouter de l’intensité à sa vie. Jouer sur un fil suspendu dans le vide pour enfin se sentir vivant. Faire de chaque minute un événement. C’est la certitude de la fin qui donne tout son sens à la vie. C’est la conscience trop forte que notre temps est éphémère qui pousse à ne plus accepter une routine qui ne correspond à ses rêves. Parfois, ça prend comme une boule au ventre au moment où l’on éteint la lumière: qu’est ce qui a fait que cette journée valait la peine d’être vécue ?

Quelques bribes colorées d’un quotidien que l’on a laissé se ternir dans une lente agonie. Quelques bribes colorées qui nous feront réaliser que notre place ferait plus sens ailleurs. Quelques bribes colorées qui arrêtent le temps, le temps d’une parenthèse, qui enfin nous font sentir vivants, heureux, et nous donnent l’envie de profiter de chaque seconde, comme si c’était la dernière.

Que faire si l’on n’a pas envie de réaliser que le temps passe, si l’on a pas envie de réaliser que la vie n’est rien de plus qu’une course courue d’avance ? Que faire si l’on n’a pas envie de réaliser que 6 ans pourraient tout aussi bien se résumer en 6 minutes et qu’enfin de compte, toute une vie pourrait se résumer à la violente vacuité du néant ?  À quoi bon tant d’efforts si ce n’est pour autre chose que laisser une trace éponyme dans cette humanité anonyme ? “Châteaubriand ou rien” disait-il…

C’est fou comme le noir silence de la nuit peut éveiller la conscience des bruits blancs de la vie.
Mais enfin, trêve de circonvolutions. Sur l’horloge, les minutes défilent, la nuit file ; sous la couette, la fatigue se faufile. Pourtant demain encore, le réveil reviendra à la charge pour sonner la première heure. Le jour se jouera encore de nous, étirant l’ennui de tout son long. Patience alors, souvenons-nous que la nuit et ses grandes parenthèses de liberté se méritent. Et qui sait, un jour peut-être, peut-être les parenthèses finiront par prendre la place d’une page, d’un chapitre, voire même de la suite du roman de nos vies…

Cœur sur vous,
Lucile

2 Replies to “Chronique d’une insomnie”

  1. Le temps passe et il est facile d’être dans une routine que nous n’aimons pas, mais il y a tellement de jolies choses qui nous entourent… qu’il faut puiser la force de vouloir changer ce qui nous dérange. Bonne journée

    1. Merci pour ton message Laetitia, bonne journée !

Leave a Reply