Turning 24

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller et de vous dire : “ce n’est pas possible, je n’ai pas pu faire tout ça…” ? En un instant aussi bref qu’inattendu, vous prenez conscience de tout, ce que vous avez pu promettre, ce dans quoi vous vous êtes engagés, et ce qu’il vous reste encore à faire. Enfin, vous posez un regard extérieur sur des choses sur lesquelles vous aviez perdu le recul et l’objectivité (mais en avez vous déjà bien eue ?) il y a bien longtemps.

Comme si le fil de l’existence de qui que ce soit pouvait être normal. Vous déroulez le fil des derniers événements qui vous reviennent en tête, et puis décembre oblige, vous remontez jusqu’au début de l’année. Qui étions-nous, que sommes nous devenus ?

On a appris, beaucoup. On a vu des visages difformes, souvent différents, toujours uniques : ceux du stress, de l’inquiétude et de l’angoisse. Alors comme tout le monde on apprend et apprendra encore beaucoup j’espère, à l’apprivoiser. On a cherché du sens, beaucoup de sens cette année. On a eu une chance que tout le monde n’a pas : celle d’avoir le droit d’être jeunes, bien que plus si insouciants. Plus que jamais on a enchaîné les concerts et les spectacles en gardant ses pensées noires bien au chaud dans un coin de sa tête.

On a croisé le doute, la peine, même parfois la désillusion dans la recherche permanente de réponses à nos pourquois. Et ils furent nombreux. Souvent on a gardé pour soi des vérités personnelles, des violences que l’on ne partage pas.

On a grandi un peu, beaucoup, passionnément, toujours en se demandant s’il était vraiment possible de tant grandir, surtout pour une personne aussi petite que soi.

A mon entrée dans le club des 23, je pensais que la vie était une autoroute rectiligne, une vaste partie de Mario où réussir un niveau permettait d’accéder au suivant.
A mon entrée dans le club des 24, je commence à comprendre que les lignes se mélangent, que l’on est souvent propulsé à 200 à l’heure sur 4 chemins à la fois, que différents niveaux commencent bien souvent en même temps, et que le plus compliqué n’est pas tant d’en finir un avec brio que de réussir à jongler entre tous.

L’accomplissement de soi-même même n’est finalement rien d’autre qu’une route sinueuse surplombée d’un épais brouillard.

Sur ces réflexions, je vous laisse, ma dernière bougie de ce quart de siècle-ci m’attend.
Cœur sur vous,
Lucile

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