Ils seront là.

Il faut que je vous avoue quelque chose : c’est une grande première pour moi. Je ne sais pas vraiment faire ces choses là. A vrai dire, en ce moment, je me demande ce que je sais faire d’autre que réprimer un sourire à chaque fois que je sens mes nouvelles clefs au fin fond de ma poche. Quand on part de si loin…

 

Certains m’ont connue du temps où j’étais des abonnés absents, ceux dont on oublierait presque qu’ils faisaient partie de la classe. Rien n’était vraiment simple à cette époque-ci.
Mais ils étaient là pour se souvenir.
Ça n’était pas gagné.

 

Certains m’ont connue du temps où j’étais YouTubeuse pas tout à fait assumée, illustre anonyme perdue au milieu de millions d’autres. Avec nos 200 abonnés, la petite sœur, moi et nos intrus en bandoulière, on pensait qu’il était là, le point culminant de nos vies.
Mais ils étaient là pour nous dire le contraire.
Ça n’était pas gagné.

 

Certains m’ont connue du temps où j’étais désillusionnée. Bercée par le néant de journées incipides rythmées par des sonneries qu’on a fini par ne même plus entendre. Il fallait donner un peu de sens à ces heures à rallonge.
Ils étaient là quand il le fallait.
Ça n’était pas gagné.

 

Certains m’ont connue paniquée, déçue, jouant sur le fil de l’abandon, quand il a fallu monter le dossier de départ à l’étranger, quand il a fallu trouver un stage de rêve, un job, quand il a fallu résister pour prouver qu’on existait.
Ils étaient là pour me soutenir.
Ça n’était pas gagné.

 

Certains m’ont connue avec une confiance laminée par toutes ces remarques acerbes et critiques que l’on veut bien écouter, sans doute parce qu’elles viennent de personnes dont le parcours impose le respect. Il fallait quelqu’un pour en baisser le volume.
Ils étaient là pour le faire.
Ça n’était pas gagné.

 

Certains m’ont connue un peu blogueuse, un peu musicienne, un peu tout ça à la fois. Ils m’ont lue assidûment, ou d’une seule traite, ont écouté le peu de choses que je pouvais bien leur présenter. Il a fallu des regards bienveillants pour que ce texte signe mon retour sur la blogo.
Ils étaient là, encore une fois.
Ça n’était pas gagné.

 

On partait de loin, de très loin. Et puis finalement on a fini par atterrir ici, à deux petites rues de mon ancien chez moi.
Voilà, c’est tout ça que j’ai envie de fêter pour cette grande première. Parce que malgré tout le stress qu’a représenté cette grande page de vie, écrire en direct de son canapé, c’est si dérisoire et si incroyable à la fois…

 

Cœur sur vous,
Une blogueuse qui profite de sa crémaillère pour se réveiller.

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