Confessions d’une demoiselle qui n’aimait pas la raclette

initialement publié le 30 décembre 2016

Mercredi 17h30. Session Facebook prolongée pour se remettre des 2 heures de conduite sur autoroute (rien que d’en parler j’ai une boule dans la gorge) de l’après-midi.
En bonne London Addict que je suis, je n’ai jamais vraiment pu me résoudre à quitter le groupe Facebook du cercle des français à Londres. Aussi, ce jour-là dans mon flux d’actu, j’ai pu voir ceci : pas moins de 250 réactions sur une photo d’un magasin vendant un appareil à raclette en promotion. Où va le monde, franchement.

Ma boule dans la gorge s’est transformée en haut-le-cœur. Je me suis souvenue de mes amis qui une semaine auparavant m’avaient dit « Quand est-ce qu’on se retrouve pour une bonne raclette ? » et je me suis rendue compte que vraiment, il y avait des choses pour lesquelles je ne comprendrais jamais le reste de l’humanité.
Pourtant, quand je les vois les étincelles dans leurs yeux, leurs grands sourires aux lèvres, je me dis que j’ai dû passer à côté de quelque chose de vraiment formidable.
Ça me fait un peu le même effet que quand je regarde les reportages sur Disneyland, vous savez ceux où les adultes courent comme s’ils voulaient rattraper le bus, à la différence près qu’ils cherchent à prendre une photo avec un mec déguisé en Minnie ?

Aujourd’hui, 30 décembre, j’aimerais revenir sur l’histoire d’un désamour comme on en fait peu. L’épisode que je vais vous compter date d’il y a 6 ans et 9 jours. C’était le premier Noël que je passais avec ma famille sous 10 cm de neige. C’étaient aussi mes premiers essais en tant que skieuse, mais c’est une autre histoire somme toute assez peu glorieuse et je n’ai pas vraiment envie d’en parler ici. BREF.
Pour mon anniversaire cette année, la famille avait décidé de mettre les petits plats dans les grands : nous irions déjeuner dans un restaurant de montagne, pour avoir la vue comme dans les films et puis parce que bon, j’avais 16 ans et qu’il était quand même temps que je sache à quoi ressemblait une raclette.

Evidemment on m’avait raconté un peu, du fromage, des pommes de terre, du jambon, et un bidon tout distendu en fin de repas. La promesse était belle.
La désillusion le fut d’autant plus.

Ce jour-là j’ai découvert deux choses :

  • La raclette, ça ne sent pas bon.
  • Il existe au moins un type de fromage que je n’aimerais jamais au cours de mon existence : le fromage fondu.

16 ans d’insouciance, 16 ans passés à imaginer que le ski était le truc le plus cool du monde (c’est faux, c’est se poser devant la cheminée et regarder la neige tomber par la fenêtre avec un grand mug de thé et un plaid) (on est blogueuse ou on ne l’est pas) et que la raclette était le meilleur des repas de l’univers. J’en ai appris des choses en ce 21 décembre…

Résultat ? J’ai passé mon 16e anniversaire le ventre vide, à raison d’un petit-déjeuner sauté pour pouvoir profiter d’un repas de midi qui se sera finalement limité à une tranche de gâteau aux framboises.
La vie est bien compliquée parfois.

Je dédicace cet article à tous ceux qui se sentent exclus en cette période difficile : non, vous n’êtes pas les seuls à ne pas aimer la raclette. Non, vous n’êtes pas les seuls à vous moquer comme de l’an 40 d’avoir une photo de Minnie. Non, vous n’êtes pas les seuls à ne pas savoir ce qu’il se passe dans la saison 3 épisode 12 de GoT. Et vous savez quoi ? Tant que le quinoa, Sherlock et les baies de goji seront de notre côté, on s’en moque.

Sur ce beau message de paix, je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes de fin d’année
Cœur sur vous et n’oubliez pas Sam,
Lucile

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