Chronique d’une fringue jamais portée au grand jour

initialement publié le 11 avril 2016

Comme tous les matins où l’on a espéré qu’il ne sonnerait pas – sait-on jamais sur un malentendu ça aurait pu être le week-end – il a fini par s’exécuter. Comme tous les matins, le premier mot qui sort de ma bouche n’est autre qu’un juron. Le gros bouton « arrêter »qui vient de se dessiner sur mon écran de téléphone finit par mettre un terme à ce supplice routinier. Fort heureusement, j’ai une playlist prête à l’emploi pour ces journées qui ne commencent pas de la manière la plus délicate au monde. Un titre un peu pêchu plus plus tard et ça va déjà mieux. Il est temps d’accepter son sort, de quitter son pyj et d’enfiler une tenue portable.

C’est là que les vrais ennuis commencent. Ma conscience modesque a fini par se réveiller elle aussi, et depuis, elle n’a de cesse de répéter le même refrain à mesure que mon regard balaie la pile de fringues la plus proche : « Qu’est-ce que je vais bien pouvoir mettre ? « … « Si j’avais plus de hauts /bas / shoes aussi, le monde irait sans doute bien mieux.  » Selon les jours, cette étape cruciale du choix de la tenue dure entre 5 (les miracles existent) et 15 bonnes minutes.

Et parfois même plus quand mon regard finit par LA recroiser. Je suis sûre que vous avez la même chez vous. Mais si, vous savez, cette fameuse fringue que vous avez achetée en vous disant qu’elle était vraiment chouette, bien qu’un peu différente de votre style habituel. Dans l’euphorie du moment, vous étiez persuadée que la mettre ne serait pas une affaire si compliquée. Après tout, vous l’aimiez bien non ?

Même avec un dressing comme ça, on doit avoir ses petits moments de doute

Enfin, le matin, rien n’est jamais aussi simple. D’autant plus que si vous êtes comme moi, votre regard croise une fringue de ce type une fois par semaine en moyenne. Et ce jour-là, vous décidez que OUI, vous allez l’enfiler aujourd’hui. Que OUI vous assumez. Et que les autres, vous vous en foutez royalement.

Pourtant,  ce même jour, juste avant le grand départ de la maison, alors que vous avez simplement l’intention d’aller récupérer vos clefs, c’est LE drame. Le meilleur ami de toute personne manquant cruellement de confiance modesque a encore décidé de passer vous dire bonjour. Son nom ? Le Doute. Son métier ? Vous mettre en retard, même les jours où vous aviez 10 minutes d’avance. Son meilleur allié ? Le miroir dans l’entrée. C’est fou ce que les convictions qu’on avait il y a encore 20 secondes nous paraissent lointaines dans ces moments là. A chaque fois c’est la même histoire, vous jurez mais un peu tard qu’on ne vous y prendra plus et filez vous changer en vitesse avec les vêtements les plus neutres que vous pouvez trouver.

IKEA, partenaire officiel de mes retards quotidiens

Alors, cette semaine, je me suis promis que je porterais une des fringues de ma collection « je t’aime bien mais l’idée de te porter me flipper ». Et si vous avez la même collection à la maison, vous devriez faire pareil et relever le défi ! Avec un peu de préparation la veille au soir et surtout, en évitant de croiser trop de miroirs qui réfléchiraient nos doutes le matin même, on devrait y arriver !

Cœur sur vous,
Lucile

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