Bloguer… Mais pourquoi ?

initialement publié le 22 février 2016

Quelle drôle de vie que celle de blogueuse. Une sélection et on ressent la même excitation que celle qu’on a pu connaitre à ce fameux Noël de nos 9 ans où l’on avait reçu ce super VTT rouge trop classe à 7 vitesses. Et puis passée l’émotion première, on se pose des questions : Finalement, pourquoi est-ce que je suis si contente ?

Quand on commence à bloguer, on se dit qu’on le fait pour soi. Pour répondre à cette envie d’écrire, de relire, de se souvenir, d’avoir son petit coin rien qu’à soi. On se dit qu’avoir des lecteurs relève de l’accessoire et que ce qui compte surtout, c’est de se faire plaisir.

Et puis, il y a le premier like, le premier commentaire, le premier abonné… Tous ces petits moments qui te font dire que wow, mais en fait, il y a des gens qui me lisent et peut-être même des lecteurs qui aiment bien ce que je fais ? Petit à petit, on écrit en faisant attention à l’avis des autres (et non pas la vie des autres, ce film que j’ai dû voir environ 152 fois en cours d’allemand). Sans trop y faire attention on passe d’un « j’écris pour moi » à un « j’écris pour être lu ».

Bien-sûr, le glissement n’est pas immédiat. Mais il existe. C’est d’abord cette envie de ne pas décevoir une semaine après avoir écrit un article qui a plu. C’est ensuite cette attention toute particulière apportée au titre et à l’image mise en Une. Et puis vient le temps où l’on prend connaissance du référencement SEO, qu’on ne peut décemment plus ignorer si on ne veut pas que Google nous ignore à son tour.

Mais la blogueuse ne fait pas que publier. Elle lit beaucoup d’articles aussi. Et au fil de ses lectures, elle comprend un certain nombre de choses… Au bout d’un an de blogging, j’ai réalisé que les blogueuses qui me plaisent sont celles qui parlent de tout le monde tout en parlant d’elles. Quelque part, dans le monde du blogging, le « je » n’est pas un « je » ordinaire. C’est un « je » qui veut dire « tu ». C’est un « je » personnage, un « je » qui garde le meilleur de lui-même, et son côté le plus universel aussi, pour que tout le monde puisse facilement se retrouver en lui.

Si j’écris cet article aujourd’hui, c’est parce que la question des aspirations de blogueuse s’est beaucoup posée au cours de ces sept derniers jours. Il y a eu ce billet « Blogueuse, journaliste ratée ? » qui ne m’a pas nécessairement plu, mais dont le titre avait le mérite de poser une question intéressante… Il y a aussi eu cet article d’Aileza « Laisser ses rêves s’envoler » qui m’a fait prendre conscience que derrière une blogueuse se cachait peut-être quelqu’un qui se rêvait écrivain… De fil en aiguille j’en suis venue à me poser la fameuse question : Et nous, de quoi rêve-t-on ? Et surtout, pourquoi blogue-t-on au juste ?

Certaines diront « par passion ». En ce qui me concerne, je ne pense pas que le blogging en soit une. Le blog constitue un support plus que l’objet d’une passion en lui-même. J’aime penser que je blogue parce que j’aime écrire, parce que c’est un défi hebdomadaire qui m’oblige à faire preuve d’un peu d’inventivité quand je ne suis pas inspirée…

Alors que je partageais cette réflexion avec une personne qui se reconnaitra sans doute, j’ai eu droit à cette réponse : « Et pourtant, si après avoir lu un de tes articles, on te proposait d’écrire un billet dans le Nouvel Obs par exemple, tu ne dirais pas non n’est-ce pas ? ».
Touchée. « Blogueuse, journaliste ratée » vous dîtes ? …

Cœur sur vous,
Lucile

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