L’ Anonymat sur Internet… Et vous.

Depuis lundi, je me demande quel article je vais bien pouvoir vous poster à la fin de la semaine. Aujourd’hui la réponse m’est apparue comme une évidence. Cette semaine, nous parlerons anonymat.

Je fais partie de cette génération qui a grandi avec Internet. Et pourtant, j’ai longtemps hésité à m’y dévoiler. Il faut dire que l’école faisait plutôt bien son travail de sensibilisation. J’ai très vite compris qu’Internet n’était rien d’autre qu’un espace public. Et moi, souvent, dans les espaces publics, j’essaie de me confondre dans la masse.

Sauf que parfois, j’ai des choses à dire. C’est pour ça que quand je suis passée au lycée, j’ai lancé mon premier vrai blog. J’y partageais mes joies, mes peines, mais plus qu’ici encore j’écrivais de sorte à ce que le « je » employé y soit universel, que vous puissiez vous y retrouver autant que moi je m’y retrouvais.
Et puis il y a eu Facebook, Twitter et autres consorts qui ont rendu les blogs un peu « passés de mode ». Mais, écrire sous mon vrai nom, ça me dérangeait. Alors je m’y suis tue et je me suis lancée sur Youtube où j’ai fini par atteindre le statut d’ « illustre anonyme ». Comprendre : j’ai eu ma petite fanbase, un nombre de vues respectable, mais personne ne savait qui j’étais.
Finalement, il y a eu l’envie de faire autre chose. D’arrêter de publier du contenu totalement impersonnel. L’envie de faire quelque chose qui me plairait à moi. L’envie d’arrêter d’avoir peur que telle ou telle publication ne fasse pas suffisamment de vues.

Et depuis ? Rien. Jusqu’à ce fameux stage que j’ai fait il y a deux ans dans un journal. C’est là que j’ai compris qu’écrire, c’était mon truc, et que je me suis dit « Et après tout, pourquoi pas moi ? ».
J’avais des craintes. Alors je me suis promis quelque chose : si j’arrivais à écrire 10 articles avant la fin de mon stage, je lancerais mon propre blog. J’en ai écrit 7, et je me suis arrêtée là. De toute façon qui aurait vraiment voulu me lire ?

Et puis le 31 décembre, au moment de boire ma coupe de champagne je me suis dit : cette année tu le fais. Tu prends ton courage à deux mains et tu le fais. Tu te barres à Londres, tu n’as plus de prétexte, personne ne te connaîtra. Tu te prends un pseudo et tu le fais.
Ceux qui me suivent depuis mes tous débuts s’en souviennent peut-être : je m’appelais Luz, j’écrivais sur The Luz Online. Et j’étais anonyme ce qui ne m’empêchait pas d’avoir quelques lecteurs et de me faire des amies blogueuses.

J’ai fini par avoir ce débat intérieur : Pourquoi est-ce qu’on a aussi peur de ce qu’on fait sur le net ? Pourquoi est-ce qu’on ne s’assume pas ? Pourquoi a-t-on aussi peur de dire qu’il nous arrive de créer, de jouer la musique, de danser, d’écrire, de composer, de faire des vidéos…
J’en ai eu marre. Marre de penser au regard des autres avant de penser au mien. Marre de me dire : « Et si machin tombe sur mon blog, qu’est-ce qu’il va en penser ? … Est-ce qu’il va encore considérer que c’est un « dossier » (une info qui peut être utilisée de manière à mettre gentiment la honte à ses copains)  et est-ce que je vais encore devoir me justifier ? »

Alors le 21 août, j’ai fait un truc fou. J’ai changé mon nom de blog. Depuis vous savez que je m’appelle Lucile. Depuis mes amis savent que je suis active sur la blogo. Depuis j’ai osé créer ma page like.
Ce que j’aimerais vous dire, c’est qu’on a tous des « secrets » qui ne devraient pas en être. Des choses qui nous semblent inavouables alors qu’on devrait en être fiers. C’est justement ce qui fait qu’on est différent, et personne ne devrait se moquer de ça. Encore moins des amis (s’ils le font, un conseil : changez d’amis).

Sur ces réflexions, je vous dis à la semaine prochaine,
Cœur sur vous,
Lucile

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