48 heures plus tard

initialement publié le 15 novembre 2015

« Ils sont fous ou quoi ? Ils veulent qu’on fasse comme s’il n’y avait rien eu. Il n’y a personne pour se rendre compte que c’est juste pas possible ? » Ainsi commençait le monologue de ma petite sœur, en première année de classe prépa. Assise à son bureau, elle révise pour le premier concours blanc de sa vie. Mais la tête n’y est pas. Et le cœur non plus. Ce qui lui semblait être l’événement stressant de cette fin d’année parait maintenant tellement dérisoire…

Depuis 2 jours, nous vivons au rythme des flashs infos, des tweets, des JT, des avis de recherche. Depuis 2 jours, il y a la boule dans la gorge, le mal de ventre, les larmes qui montent très vite. Depuis 2 jours, nous faisons face à ces vieux démons qu’on avait croisés au même endroit en début d’année.

Au début il y a eu le choc. Il y a eu la panique. Il y a eu l’envie de se sortir d’un très mauvais rêve. L’esprit brouillé, les émotions à fleur de peau, il a fallu se réveiller, constater que la nuit n’avait rien changé aux scènes épouvantables de la veille. Il a fallu compter les morts, chercher les vivants, et espérer que les proches étaient en sécurité.

Voilà 2 jours que les émotions font les montagnes russes. Il y a les messages d’amour un peu partout dans le monde. Il y a ceux de soutien que l’on reçoit personnellement et qui mettent du baume au cœur. Il y a les statuts Facebook plein d’espoir des uns, les photos de profil des autres… Toutes ces petites choses qui nous font dire qu’ils ne gagneront pas, qu’ils ne gagneront jamais.

Et face à eux, il y a ceux qui pensent que balancer des missiles au gré de leur haine est la bonne solution et n’ont aucune gêne à le faire savoir. Il y a ceux qui se lancent dans des débats pour savoir si arborer les couleurs bleu/blanc/rouge sur sa photo de profil Facebook fait de vous un adepte du FN… Il y a ces politiques, ces philosophes et autres personnages médiaphiles qui font des semblants d’analyses, critiquent, se condamnent les uns les autres à coup de « c’est la faute à … ».

Le moment n’est pas à l’analyse. Le moment n’est pas à la haine. Le moment n’est pas au clivage. Laissons-nous le temps de nous recueillir, pour enfin pouvoir prendre du recul.

Mes pensées aux victimes et à leurs familles.
A tous, cœur sur vous,
Lucile

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